Accessibility Tools

Dans certains milieux, la transformation de l'eau en vin est régulièrement « rappelée » aux croyants comme étant le premier miracle du Seigneur ; ceci notamment par ceux qui estiment que le Seigneur aurait fait ce miracle de manière précoce comme pour contenter sa mère, mais aussi par ceux-là qui ont le sentiment d’être condamnés par ceux ayant fait le choix d’être sobres. Notre démarche ici est, non pas de démonter cette assertion dans un élan « savant » ou contestataire, mais plutôt de révéler qu’elle participe à maintenir voilé un mystère caché dans ce miracle qui bel est bien revêt une importance critique, porte un symbole fort. Non pas toutefois pour les raisons ainsi communément insinuées, mais plutôt pour une toute autre que nous espérons faire apparaître clairement au terme de cet article.
 
Avant d’aborder amplement le sujet, il serait judicieux tout d’abord de noter que le Seigneur Jésus-Christ, tout au long de son ministère parlait régulièrement de réalités physiques pour faire référence à des choses plutôt spirituelles. L’Evangile de Jean est celui mettant parfaitement en exergue ce fait. Et la Rencontre de la Femme Samaritaine avec le Christ étant vraisemblablement la circonstance la plus illustrative de toutes. Aussi, une lecture préalable de la première partie de l’article que nous consacrons à cette rencontre pourrait permettre de mieux étayer cette propension du Seigneur et par conséquent faciliter une meilleure compréhension du présent article. 
 
« Trois jours après, il y eut des noces à Cana en Galilée.  La mère de Jésus était là, et Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples. Le vin ayant manqué, la mère de Jésus lui dit : Ils n’ont plus de vin. Jésus lui répondit : Femme, qu’y a-t-il entre moi et toi ? Mon heure n’est pas encore venue. Sa mère dit aux serviteurs : Faites ce qu’il vous dira. Or, il y avait là six vases de pierre, destinés aux purifications des Juifs, et contenant chacun deux ou trois mesures. Jésus leur dit : Remplissez d’eau ces vases. Et ils les remplirent jusqu’au bord. Puisez maintenant, leur dit-il, et portez-en à l’ordonnateur du repas. Et ils en portèrent. Quand l’ordonnateur du repas eut goûté l’eau changée en vin, - ne sachant d’où venait ce vin, tandis que les serviteurs, qui avaient puisé l’eau, le savaient bien, -il  appela l’époux, et lui dit : Tout homme sert d’abord le bon vin,  puis le moins bon après qu’on s’est enivré ; toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent. Tel fut, à Cana en Galilée, le premier des miracles que fit Jésus.  Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. »
 
Le premier miracle du Seigneur … en Galilée
Sans entrer dans des critiques d’interprétations, nous noterons ici deux observations indéniables : tout d’abord, suivant cet Evangile de Jean, la transformation du vin ne fut pas la première manifestation du caractère surnaturel du Christ, secundo, à défaut de renvoyer au tout premier miracle des œuvres du Christ, l’adjectif « premier » utilisé ici, renvoie au moins au tout premier miracle accompli en Galilée. 
 
L’omniscience du Christ
Tout au long de la lecture des Evangiles, nous nous rendons compte que la nature surnaturelle du Christ ne se manifestait pas seulement au moyen des « miracles » au nombre desquels l’on range généralement la guérison des malades, la résurrection des morts, les ordres donnés à la nature (apaisement de la tempête, assèchement de l’arbre, …) ; mais il se démontrait aussi au moyen de sa connaissance de la vie cachée de ses interlocuteurs. Nous le voyons entre autres lors de la Rencontre de la femme Samaritaine avec le Christ, au cours de laquelle, il dit à son interlocutrice qu’elle avait eu 5 maris, et que celui avec qui elle était n’était pas son mari (Jean 4:16-19), lors de sa rencontre avec Marie de Magdala, au cours de laquelle il démontra à son hôte Simon qui commençait dans son cœur à mettre en doute l’authenticité du Seigneur, qu’il se savait bien être en présence d’une pécheresse (Luc 7: 39-48),  mais sans aller plus loin nous retournerons au tout premier cas, celui qui concerne la Rencontre de Nathanaël avec le Christ, lequel nous étaierons plus amplement dans l’article Rencontre du Christ avec ses tout premiers disciples.
 
« Philippe était de Bethsaïda, de la ville d’André et de Pierre. Philippe rencontra Nathanaël, et lui dit : Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé, Jésus  de Nazareth,  fils de Joseph. Nathanaël lui dit : Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon ? Philippe lui répondit : Viens, et vois. Jésus, voyant venir à lui Nathanaël,  dit de lui : Voici vraiment un Israélite, dans lequel il n’y a point de fraude. D’où me connais-tu ? lui dit Nathanaël. Jésus lui répondit  : Avant que Philippe t’appelât, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. Nathanaël répondit et lui dit : Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d’Israël. Jésus lui répondit  : Parce que je t’ai dit que je t’ai vu sous le figuier, tu crois ; tu verras de plus grandes choses que celles-ci. Et il lui dit : En vérité, en vérité,  vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’homme. »
 
 
Le moins que nous puissions constater ici est que le Seigneur, sans avoir jamais rencontré Nathanaël le connaissait et savait pertinemment qu’en lui il n’y avait point de fraude. Et même, il savait exactement où celui-ci se trouvait juste avant qu’on ne l’appelât pour le rencontrer. Ainsi donc le Christ avant la transformation de l’eau en vin, avait déjà manifesté son onction divine. 
 
Christ, désormais l’Echelle entre le ciel et la terre, la porte des cieux
Contrairement à ceux qui est souvent avancé par plusieurs, la transformation de l’eau en vin ne fut pas précipitée, mais bel et bien annoncée par le Seigneur lorsqu’il révéla à ses premiers disciples qu’ils verraient désormais la pleine puissance de Dieu se déployer au travers de Lui. Et comme pour montrer que le miracle de Cana était bien en accomplissement de cette annonce du Seigneur, l’apôtre Jean introduit le prochain récit par l’adverbe « Trois jours après », comme pour nous indiquer qu’à peine le Seigneur l’eut annoncé que cela commença de se manifester. La transformation de l’eau en vin fut donc bel et bien le premier des miracles démarrant le ministère public du Seigneur (après son annonce), il ne précéda donc pas son ministère. Ainsi donc, comme avec Moïse manifestant la puissance divine en comité restreint, au milieu des anciens (Exode 3:16-18; 4:29-31) avant de le faire publiquement ; nous voyons pareillement le Seigneur manifester un infime partie de sa puissance au milieu de ses premiers disciples avant de le faire publiquement.
Retournons à présent sur les termes utilisés par le Seigneur pour annoncer le début de son ministère ; nous noterons qu’ils indiquent en réalité un accomplissement de la vision qu’eut le patriarche Jacob à Béthel. Nous reviendrons notamment sur certains extraits : « Il eut un songe. Et voici, une échelle était appuyée sur la terre, et son sommet touchait au ciel. Et voici, les anges de Dieu montaient et descendaient par cette échelle … Il eut peur, et dit : Que ce lieu  est redoutable !  C’est ici la maison de Dieu, c’est ici la porte des cieux ! » (Genèse 28:12-17)
Le patriarche réalisa qu’il se trouvait précisément au lieu où le contact s’établissait entre les cieux et la terre, un lieu où se trouvait une échelle permettant aux anges de Dieu de faire des montées et descentes sur la terre, pour accomplir la sainte volonté de Dieu. Subjugué par ce songe, il donna comme nom à cette ville autrefois appelé Luz, celui de Béthel (Genèse 28:19).
Ainsi le Seigneur reprenant les termes décrivant ce songe, révéla à ses disciples, mais aussi à nous aujourd’hui, que c’est lui, la Béthel de Dieu, c’est lui le Temple de Dieu, c’est lui la porte des cieux, c’est Lui que Dieu a établi comme lieu de communion entre le ciel et la terre, C’est en son nom et par son ministère que toute ange devra descendre sur la terre pour accomplir toute œuvre divine, cette colombe de l’arche de Noé volant dans le ciel et ne voyant pas d’arbre sur lequel se poser sur terre a enfin trouver l’arbre de la vie, sur lequel se poser.
 
Le premier miracle en Galilée
Nous terminerons ce premier chapitre en soulignant que, pour des raisons dont personnellement nous n’avons pas encore la pleine révélation, l’apôtre Jean dénombra explicitement les miracles accomplis en Galilée ; du moins le premier et le second. (Pour rappel, Galilée était un territoire comprenant entre autres les localités suivantes : celle de Cana systématiquement référencée et même mentionnée à partir de Galilée [Jean 2 :1,11 ; Jean 4:46 ; Jean 21:2], la ville de Capernaüm [Jean 4:46,54 ; Luc 4:31] et la ville de Nazareth [Matthieu 2:22-23 ; Luc 1:26]). En effet, l’auteur prit le soin de préciser que ce premier miracle, fut précisément le premier miracle accompli par le Seigneur à Cana en Galilée, plus tard le Seigneur après avoir accompli plusieurs autres miracles ailleurs (Jean 2:23), revenant à Cana, le narrateur prit la peine de relever que le second miracle fut accompli en Galilée, plus précisément à Capernaüm (Jean 4:46-54) ; Capernaüm étant vraisemblablement au pied de Cana, car il fallait (juste) descendre pour aller de la première (localité) à la seconde (ville) : Jean 2:11-12 ; Jean 4:46,49.
 
Une fois établi que la transformation de l’eau en vin ne fut pas la première manifestation divine du Christ, mais plutôt sa première manifestation en public ou mieux dit, son premier miracle dans le territoire de Galilée ; examinons à présent en quoi ce premier miracle revêt bel et bien une particularité indéniable.
 
 
 
Le sang de l’Agneau offert pour racheter son Epouse
Comme nous révèle cette histoire, et comme nous le voyons encore dans différentes traditions, il était de coutume en ce temps qu’à l’occasion de ses noces, l’homme, le marié, donnât du vin à boire à ses convives. Mais le Seigneur Jésus, comme annoncé dès l’entame de cet article, utilisant très souvent des réalités physiques, des circonstances physiques pour parler des réalités spirituelles, annonça à sa mère qui lui demandait de donner du vin pour le mariage d’un autre, que son heure à Lui n’était pas encore venue, son heure de donner du vin (pour son mariage), son heure de se marier.
 
L’heure du Seigneur Jésus, « son heure »
A la différence des trois évangiles dits synoptiques, l’Evangile de Jean fait référence à l’heure du Seigneur Jésus, utilisant à chaque fois l’adjectif possessif « mon » ou « son » selon le cas.
« Femme, qu'y a-t-il entre moi et toi ? Mon heure n'est pas encore venue. » (Jean 2:4)
« Ils cherchaient donc à se saisir de lui, et personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n’était pas encore venue » (Jean 7:30) ; « Jésus dit ces paroles, enseignant dans le temple, au lieu où était le trésor ; et personne ne le saisit, parce que son heure n’était pas encore venue. » (Jean 8:20) : L’apôtre nous explique pourquoi malgré certaines circonstances, le Christ ne fut pas saisi par ses adversaires. 
« Avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde au Père, et ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, mit le comble à son amour pour eux. » (Jean 13:1) : Jean nous explique le contexte précis dans lequel le Seigneur prépara les disciples à son départ.
 
L’apôtre Jean parle donc systématiquement de l’heure du Seigneur Jésus pour faire référence à cette heure où par amour pour les Hommes, il allait donner sa vie pour eux. Cela nous permet de comprendre dans quel sens le Seigneur Jésus faisait usage de cette expression, que nous retrouvons non seulement lors de ce premier miracle à Cana, mais également et cette fois de manière plus évidente lorsque le Seigneur parla de la tristesse qu’éprouverait pour peu de temps ses disciples en cette même occasion, l’assimilant à celle qu’éprouve la femme qui enfante « parce que son heure est venue » (Jean 16:21), l’heure de connaitre l’agonie afin de donner la vie, l’heure de transmettre la vie dans la souffrance et la douleur.
 
Changement de dispensation
Au travers de deux détails de ce miracle, le Seigneur illustra le fait que son ministère venait marquer un changement de dispensation.
Les vases de pierre destinés aux purifications des juifs (Jean 2:6)
En faisant remplir d’eau des vases destinés à la purification, le Seigneur Jésus-Christ annonçait que sa vocation était non pas d’offrir de l’eau pour la purification de la chair, mais plutôt son sang pour la purification de la conscience.
Un vin meilleur que le précédent (Jean 2:10)
« Car si le sang des taureaux et des boucs, et la cendre d'une vache, répandue sur ceux qui sont souillés, sanctifient et procurent la pureté de la chair, combien plus le sang de Christ, qui, par un esprit éternel, s'est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant ! » (Hébreux 9 :13-14)
Le vin que le Seigneur Jésus-Christ offrit était sans commune mesure meilleur que celui-là que les convives avaient jusques là bu. Le Sang que le Seigneur Jésus-Christ apporte pour ses noces est sans commune mesure meilleur que celui de l’ancienne alliance.
 
Par ces deux éléments qui apparaissent comme des détails, le Seigneur Jésus révèle que les Juifs qui avaient jusque de quoi purifier leur chair, qui avaient jusque-là un sang à leur disposition, seraient désormais conviés à une nouvelle alliance, cette fois fondée sur son propre sang gracieusement offert ; un sang sans commune mesure avec le précédent..
 
La sainte cène 
Si le Seigneur laissa voilée sa communication faite au travers des noces de Cana, ce fut avant tout parce que toute sa portée se manifesterait après son départ, après qu’il ait bu la coupe que le Père lui donnerait à boire. En revanche, à la veille dudit départ, il dut rendre les choses davantage explicites en lavant lui-même les pieds de ses disciples (en rappel des vases de pierre remplis d’eau), puis en leur donnant à boire le sang de la nouvelle alliance, ce sang qu’il s’apprêtait à verser une fois pour tous. Instruction nous étant donné de le prendre en sa mémoire. (relire les Evangiles synoptiques). Notons enfin que l’Evangile de Jean ne décrit pas la sainte scène, cela étant déjà amplement fait par les autres Evangiles, en revanche il décrit plutôt une scène non relevée par les autres : le nettoyage des pieds des disciples par le Seigneur. En d’autres termes, l’Evangile de Jean seul relate les noces de Cana, lui seul également parle du lavage des pieds des disciples par le Seigneur à la veille de la paques. Attention, il ne s’agit surtout pas de mettre en opposition les Evangiles synoptiques et celui de Jean, car ils se complètent plutôt parfaitement. En revanche, nous relevons la corrélation entre les noces de Cana racontés par Jean, et le « détail » qu’il prend le soin de donner au sujet du dernier souper du Seigneur avec ses disciples.
 
Le début comme la fin du ministère du Seigneur furent donc marqués par la question non pas en réalité du vin, mais du sang du Seigneur Jésus-Christ offert pour la purification de Son Eglise, pour Ses Noces.
 
Le festin des noces de l’Agneau
« Réjouissons-nous et soyons dans l'allégresse, et donnons-lui gloire ; car les noces de l'agneau sont venues, et son épouse s'est préparée, et il lui a été donné de se revêtir d'un fin lin, éclatant, pur. Car le fin lin, ce sont les œuvres justes des saints. Et l'ange me dit : Écris : Heureux ceux qui sont appelés au festin des noces de l'agneau ! Et il me dit : Ces paroles sont les véritables paroles de Dieu. »
 
L’histoire de la Création du monde (Genèse), comme celle de sa fin (Apocalypse) sont marquées par un mariage. En effet, Dieu a créé le monde pour Christ comme nous le rappelle Paul dans sa lettre aux Colossiens (1:15-17). Malheureusement Adam et Eve n’ayant pas consommé l’arbre de la Vie, nous n’avons pu avoir une manifestation du Christ, la vie abondante de Dieu, dès la Genèse. Heureusement, Dieu n’a pas renoncé à nous donner cette Vie, seulement cela passerait désormais par un acte de rachat car nous nous étions souillés. Ainsi l’Humanité créée pour Christ lui serait désormais donnée comme Epouse en tant que Eglise, du moins? ceux-là qui accepteraient son sacrifice de Rédemption. Gardons-nous de rester sans huile comme les vierges folles , mais prenons soins d’avoir toujours l’huile de l’Esprit Saint dans nos lampes, comme nous prévient notre Illustre Epoux (Matthieu 25:1-13)

 

Ajouter un Commentaire

Enregistrer