Vous est-il déjà arrivé de voir des soldats de retour d’une opération ou alors dans un camp après d’interminables mois d’âpres combats et batailles. Assurément tous ou presque cela nous est arrivé, de manière physique, dans un documentaire, ou une fiction cinématographique. Du moins, tous (comme moi) nous pouvons nous le représenter.
Vous pourriez avoir ici des personnes ayant dû être amputés de leur jambes, car ils avaient été touchés par l’ennemi ; de ce côté, ce sont de borgnes que vous verrez, ayant perdu un œil du fait des éclats d’obus ; d’un autre côté sont étendus sur des civières de fortune des hommes en soin intensifs, ayant été surpris par une violente attaque de l’ennemi tandis qu’ils étaient imprudemment sortis des abris. Et parfois, vous trouverez dans certains angles, des personnes sans la moindre égratignure apparente, mais dont vous découvrirez après un bref échange, qu’ils sont tout au tant des blessés de guerre ; seulement leur blessure est mentale ; ils regrettent profondément de n’avoir pas fait à un moment ou un autre cela qu’il aurait dû (faire), soit par ignorance ou par peur d’y laisser leur peau ; mais lorsqu’ils regardent avec recul ce que cela a couté à leur compagnons d’armes, à ceux-là qu’ils venaient retirer de la captivité ennemie, ils éprouvent un profond regret, une profonde honte. Il y’en a enfin ceux qui pleurent et veulent instamment être ramenés à la maison ; ils estiment avoir tout donné ce qu’ils pouvaient, ils espèrent juste que les soldats qu’ils laisseront sur place, ou alors que les prochaines vagues qui viendront sur le terrain du combat, finiront le travail, mais pour ce qui les concernent, ils sont comme épuisés, voire découragés et n'espèrent plus pouvoir encore mener la moindre bataille.
Oui, mon frère, oui ma sœur, nous tous qui avons déjà au moins un an de vie réelle de foi, sommes tous des blessés de guerre. Des blessés dans cette guerre qui oppose le royaume de Dieu auquel nous appartenons et dont Christ est le Chef des armés, à celui des ténèbres, dirigé par notre Adversaire, Satan. Une guerre où notre but est que « la volonté du Père soit faite sur la terre comme au ciel ». Une guerre qui exige de nous discipline, soumission au Christ, le Chef suprême de notre armée ; obéissance ferme aux consignes qui nous sont assignés de manière ponctuelle ou permanente: secourir un compagnon d’arme blessé ou dans le besoin, participer au sauvetage d’un compagnon capturé par l’ennemi, participer au sauvetage d’une des prisonniers de différentes nations tenus captifs par le royaume des ténèbres, ... Et si nous connaissons tous le but global, nul ne sait avec précision la stratégie, les plans détaillés, le calendrier exact de renouvellement des effectifs (qui rentre à la maison quand ? qui arrive sur le terrain des combats quand ? En revanche, notre devoir reste d’avoir foi en Christ Jésus, qui dirige les équipes sur le terrain, qui sait exactement qui placer où, à quel moment précis, pendant quelle durée de temps et pour quelle bataille exacte.
Tous, il nous est arrivé d’être épuisé et dans les pires cas d’être lassés, d’avoir cédé au découragement. Mais dans de telles situations, nous avons qu’une seule attitude à adopter, plutôt que de désirer instamment retourner à la maison, supplier Dieu et son Christ Jésus de rafraîchir notre cœur, en nous remplissant à nouveau de Son Saint-Esprit. Souvenons-nous du Christ qui à l’approche de sa bataille ultime sut s’approcher du Père, qui dépêcha un ange le fortifier (Luc 22 : 40-46) ; souvenons-nous de Pierre et des premiers disciples qui après la toute première persécution générale contre l’Eglise surent s’en remettre à Dieu qui les remplit de Son Saint-Esprit (Actes 4 : 23-31) ; souvenons-nous de Paul et Silas qui priant et chantant comme des soldats sur le champ de bataille, virent l’action de Dieu se déployer pour leur libération (Actes 16 : 23-31).
Peut-être as-tu été séduit d’une manière ou d’une autre pendant ta vie de foi, tu t’es gardé à tort de proclamer le nom du Christ autour de toi à un moment précis, et aujourd’hui qu’une personne s’en est allé sans avoir connu le Seigneur, tu te demandes si les choses n’auraient pas été différentes si tu avais prêché le Christ, si tu n’avais pas tenu secrète ta foi. Peut-être t’es-tu assoupi(e) au milieu du combat, et un jeune homme t’a séduite, une jeune fille t’a attisé et vous avez commis la fornication ; au point que tu es comme découragé, estimant avoir commis l’irréparable.
Peut-être reconnais-tu, bien que croyant, avoir jusqu’ici mené une vie centrée sur ta famille et toi, ou alors sur ta famille et ta dénomination religieuse ; sans assister ces personnes que tu reconnais pertinemment comme des frères et sœurs et qui à un moment donné avait besoin de ton ministère : une parole d’édification, d’encouragement, une prière d’intercession face à l’épreuve que la personne traversait, … Et lorsque les choses se sont empirées, tu as reconnu n’avoir pas fait cela que tu aurais dû faire à ton niveau ; car autre est la répartition des soldats en « dénominations », et autre est la répartition des soldats par le Christ qui seul en définitive assigne les tâches et nous les communique par son Saint-Esprit qui dépose dans nos cœurs le fardeau pour les accomplir. Mais à nous de rechercher instamment le discernement et la Sagesse.
Eternel Dieu très Saint, je suis un blessé de guerre, et cependant, dans Ta Grâce, Ta Bonté et Ta Souveraineté, Tu as souverainement décidé que ma participation au combat des siècles n’était pas encore arrivée jusqu’à son terme. Je Te prie et Te supplie, afin que Toi qui seul connait la durée prévue de ma présence sur les champs de batailles, Tu me conduises au quotidien jusqu’au terme de mes jours. Que ma participation à chaque bataille, à chaque opération Te satisfasse pleinement. Pardonne-moi ô Bon Père pour toutes ces fois où j’ai murmuré contre toi dans la douleur de mes blessures, alors qu’elles émanaient de ma désobéissance. Je voudrais o mon bon Père, qu’au terme de mes jours d’armes, pouvoir dire comme un illustre prédécesseur : « J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi. » (2 Timothée 4 : 7)
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